C'est avec ses chiens que Philippe est le plus heureux, dans la nature.
C’est avec ses chiens que Philippe est le plus heureux, dans la nature. (©DR)

Philippe est un amoureux de la nature : chasseur né chasseurs. Bientôt cinquante permis au compteur. Sa passion ? Les bois des alentours de Beaumont-le-Roger (Eure), un lieu réputé pour son gibier.

« Dès que j’ai commencé à marcher, mon père m’a emmené. Je l’ai seriné,
paraît-il. »

Philippe

Tout cela s’est passé à une époque où la chasse n’était encore qu’un moyen de subsistance pour bien des familles. « Mon père, par exemple. Il a été élevé au lapin de garenne : c’était un repas sur deux. » Autre temps, autres mœurs.

Cadre commercial à la retraite le sexagénaire continue ses promenades dans ses bois de Grosley-sur-Risle, près de Beaumont-le-Roger. « La passion de la chasse, c’est la convivialité, le partage, la nature. »

Ce sont les grands espaces qui séduisent Philippe, beaucoup plus que les trophées. Ce serait une petite mort s’il ne pouvait plus se promener, lui qui y passe 14 h par jour.

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Meneur de chiens

L’habitant de Grosley-sur-Risle est meneur de chiens. Il est accompagné de huit springers, une race anglaise. Pour lui, « la chasse ne vaut que s’il est avec ses chiens. Quand à la fin de la journée, je les ai vus s’égayer, courir, je suis heureux. »

Il y a aussi le plaisir immodéré de la faune qu’on observe. « Un animal sauvage, qu’on surprend dans son élément, c’est une très grande grâce », explique-t-il.

Philippe est de ceux qui tirent le moins, il ne revendique que trois chevreuils abattus alors qu’il en est presque à cinquantième permis. « Une bonne centaine de fois, j’ai levé la carabine, les brocards étaient tellement beaux. Trois fois, j’ai jugé que je pouvais tirer parce que l’animal était âgé, arrivé à maturité. »

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Règles strictes

Le rituel de la chasse est bien rodé. « Nous nous retrouvons devant le pavillon de la Mare aux loups, à Grosley. Avant la pandémie, il y avait le rituel du café. Aujourd’hui, nous rappelons les règles en cercle. »

Ordinairement, Phillippe est au sol avec ses chiens : il est rabatteur du gibier. Il ne tire guère. Seuls ceux qui sont postés sur les miradors ont cette fonction. Et la règle est stricte : toute personne postée, à l’obligation de ne pas quitter son poste. S’il est armé, c’est uniquement pour se défendre, en homme précautionneux. « Ce serait déraisonnable face un sanglier, une bête qui peut vous tuer de fureur ».

On ne communique qu’avec une pibole, une petite trompe. Un coup ? C’est un renard. Deux, c’est un chevreuil. Trois, un sanglier. Un long tayauté, c’est la fin pure et simple de la partie de chasse. On décharge et on descend des miradors. « Une bonne journée, c’est une journée sans incident, quel que soit le résultat. »

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Régulation

Philippe est modéré en tout et regarde absolument tout en amoureux immodéré de la vie sauvage. « Prélever beaucoup n’a pas de sens non plus à ses yeux » Hormis pour la régulation. Cela, les habitants qui découvrent leur propriété retournée comprennent de quoi nous parlons. Les dégâts que peut engendrer une horde de sangliers sont considérables. « Personne ne peut dire le contraire de bonne foi ! »

En revanche, il lui arrive de regarder certaines formes de chasse avec incompréhension, mais tout en gardant un certain respect. « Chasser à la glu par exemple, (une méthode de capture traditionnelle plutôt utilisée dans le pourtour méditerranéen qui permet de prendre au piège des volatiles, à l’aide d’une colle dont on enduit les branches). « Est-ce que cela a encore sa place ? Je crois cela avait du sens à une époque où l’on chassait pour se nourrir. Lorsqu’on attrape un passereau de 18 ou 20 g, quel est l’intérêt ? Bon, je ne comprends pas mais je ne veux pas juger pour autant. »

Il n’aime pas l’hypocrisie par contre. « S’offusquer parce que la chasse serait cruelle, c’est ne pas voir la manière dont on procède dans les abattoirs », s’indigne-t-il.

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À Grosley-sur-Risle, rencontre avec Philippe, cinquante permis de chasse au compteur – L’Eveil Normand