1500 civets de sangliers ont été servis pour les fêtes par des associations caritatives. Derrière les assiettes, des chasseurs au grand cœur. 

Lorsque l’idée a germé l’année dernière, de proposer aux chasseurs d’offrir le produit d’une chasse aux gens qui ont faim, la réponse fut unanime :  séduits par le projet, les Narbonnais avaient aussitôt réagi positivement. Du coup cette année, la chasse solidaire a été élargie au département de l’Aude. ça n’a l’air de rien, mais une telle opération nécessite une organisation colossale. Julie Fontanet, porte-parole de la fédération de chasse de l’Aude, à l’origine de cette chasse solidaire soutenue par le président audois Yves Bastié, s’est démenée pendant de longs mois. Résultat : le week-end du 11 et 12 décembre, une vingtaine de sangliers ont été abattus et offerts. “On a réussi à fédérer les 14 ACCA et Dianes du département qui pratiquent les battues. Les sangliers tués au cours de ce week-end ont permis d’offrir 1500 repas aux gens qui n’en mangent jamais”.

Julie Fontanet porte-parole de la fédération audoise de chasse
Julie Fontanet porte-parole de la fédération audoise de chasse Independant – PHILIPPE LEBLANC

Quatre associations ont servi du civet de sanglier lors de leur repas annuel de fête de fin d’année : les Restaus du cœur à Carcassonne, Table Ouverte, La Bande De Copains et Narbonne Solidaire à Narbonne. “Quand Julie nous a parlé de faire don de sangliers à la Banque alimentaire, on a tous dit oui, explique pour sa part Dominique Martin, président de l’ACCA de Port-La Nouvelle. Donner de l’argent en tant qu’association, on ne peut pas, mais donner le produit de notre chasse, ça oui, et ça nous fait plaisir”.  

Une chaîne de solidarité

Les sangliers, une fois abattus, font l’objet d’analyses vétérinaires, dont le coût a été pris en charge par la fédération. “Seule une personne habilitée au sein de l’ACCA peut effectuer un prélèvement sur le gibier destiné à l’analyse de trichine, explique Julie Fontanet. Les sangliers ont été ensuite éviscérés et placés dans les chambres froides. En attendant le résultat des analyses. Puis Tony Dubois et son père, bouchers aux Halles ont découpé les  quartiers et nous avons pu procéder à la distribution des morceaux aux associations“.

Mais toutes les associations dans le département ne peuvent cuisiner le sanglier, à partir de morceaux donnés de cette manière. Ainsi c’est une chaîne de solidarité, depuis le chasseur, jusqu’aux bénévoles des  associations, en passant par le boucher, qui a enrichi le repas de fête des personnes les plus démunies.

Au resto du Coeur à Carcassonne
Au resto du Coeur à Carcassonne Indépendant – DR

“Nous nous sommes rapprochés de la banque alimentaire et, avec son président Bernard Bonnes, nous voulons servir les 37 associations dépendant de l’organisation caritative. Mais pour cela, il nous manque un abattoir qui puisse transformer, cuber et surgeler la viande, pour la distribuer à une large échelle. Nous cherchons un sponsor, pourquoi pas issu du monde agricole, ce serait bien” explique Julie Fontanet. Dans le département, 15 000 sangliers sont tués chaque année. “Si on peut apporter 200 bêtes à la Banque Alimentaire pour aider les gens dans le besoin, ce serait vraiment bien. ça permet de faire découvrir une viande qualitative à ceux qui en sont privés. Il faut aller chercher la nourriture là où elle est” . 

Montée en puissance

Au-delà du département, Julie Fontanet se projette dans l’Occitanie. “J’ai déjà contacté les responsables des  fédérations départementales de toute la Région, ils sont enthousiastes et, j’aimerais réaliser ces opérations à l’échelle nationale dans les territoires où l’on chasse le gros gibier. Pour ça, il faut un business solidaire dans chaque département”. 

Tous les sponsors sont les bienvenus pour que l’opération “chasse solidaire”, pour l’instant uniquement audoise acquière un jour un label national. Une façon de prouver que tous les chasseurs ne sont pas à mettre dans le même sac et ne méritent pas le dénigrement dont ils sont souvent la cible.  

Fédération de chasse de l’Aude  : 04 68 78 54 34.  

Les ACCA qui ont participé

Une mention spéciale pour l’ensemble des Chasseurs ayant œuvré tout un week-end au bon fonctionnement de ce projet.

Sur le Narbonnais : l’AICA de la Mer Port la Nouvelle/Sigean, les ACCA de Durban, Fraisse-les-Corbières, Armissan et la Diane de Saint-Pierre.
Ont également participé à l’action les ACCA de Peyriac-de-Mer, de Roquefort des Corbières,Treilles et Bages.  

Sur le Carcassonnais : L’ACCA d’Aragon en collaboration avec l’ESAT de Castelnaudary,  l’AICA de Vento farino, l’AICA de Lacamp, l’ACCA de Cuxac Cabardès, et l’ACCA de Castan.

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Aude : quand les chasseurs offrent des sangliers aux plus démunis – L’Indépendant