La vie d’un fondateur de startup n’est certainement pas de tout repos. D’évidence, les heures de travail sont longues. Votre startup est votre bébé, et sa gestion nécessite beaucoup de temps et d’énergie. Que se passe-t-il alors lorsqu’une pandémie impose la fermeture des bureaux et le passage total au télétravail pour tous les collaborateurs ? Contre toute attente, de grandes avancées comme on peut le vérifier aujourd’hui.

Pendant plusieurs années, ma compagne et moi, installés à Paris, avons évoqué notre envie commune de mener une vie nomade, voyageant d’une ville à une autre. Lorsque nous avons commencé à en parler, nous occupions tous les deux des emplois (respectivement dans le domaine du service clients et du développement informatique) pouvant, théoriquement, être exercés de n’importe quel endroit. Mais lorsque j’ai cofondé ma startup, ce projet de vie nomade a été un peu mis de côté.

Crise sanitaire et changement de perspectives

Bien avant la crise sanitaire, Livestorm comptait déjà un petit nombre de collaborateurs qui travaillaient à distance. Mais quand le bureau parisien a fermé et que le travail à distance a concerné tout le monde en mars 2020, certains collaborateurs ont été  inquiets à l’idée de travailler de chez soi, sans jamais revenir au bureau. Et pourtant, la productivité des équipes n’a pas changé. Les demandes de souscription à notre solution ont même grimpé considérablement quelques semaines après le déclenchement de la pandémie. Les opportunités de nouveaux clients ont ainsi été multipliées par 10. Nous avons recruté des dizaines de profils à distance, et ainsi doublé la taille de l’entreprise. Aujourd’hui, les équipes sont réparties dans 17 pays.

Quand la situation s’est stabilisée, nous avons remis sur la table notre projet de vie nomade avec ma compagne. Car finalement, en étant en télétravail à 100%, quelle différence y a-t-il entre se trouver du bout de la rue et séjourner dans un autre pays ? 

Nous avons donc défini les critères prioritaires pour que ce changement de vie soit une réussite. Tout d’abord, le pays que nous choisirons ne devra pas se trouver à plus d’un ou deux fuseaux horaires de Paris, afin de faciliter la communication avec les collaborateurs. Ensuite, l’appartement que nous louerons devra disposer d’une connexion Internet haut débit fiable, de deux espaces de travail séparés et d’un espace proche disposant d’un wifi fiable : un café ou un espace de coworking, par exemple. Enfin, la possibilité de retourner facilement à Paris toutes les quatre à six semaines, principalement pour apaiser l’inquiétude de nos collègues à l’idée d’être loin.

Organiser son départ

Nous avons d’abord posé nos valises un mois en Islande, où nous avons loué un Airbnb avec une vue magnifique sur les montagnes. Nous avons gardé les mêmes horaires qu’auparavant et organisé des réunions par visioconférence, exactement comme nous le faisions à Paris. La seule différence : notre temps libre dédié à la découverte des alentours et vivre de nouvelles expériences ! Ce premier voyage s’est tellement bien passé que nous avons décidé de le réitérer pendant un an. C’est ainsi qu’après une brève escale à Paris, nous sommes repartis pour Barcelone pour un séjour de deux mois, puis en Grèce. Les prochaines étapes seront l’Écosse et la Norvège.

Nous ne nous considérerons pas en vacances car nous travaillons tous les deux à un rythme relativement soutenu. Nous profitons au maximum de notre temps libre, mais restons entièrement concentrés sur le travail. Nous séjournons principalement dans des logements loués sur Airbnb. Dans chaque destination, nous demandons aux hôtes la qualité d’internet, avec des captures d’écran de tests de vitesse. Nous repérons également les espaces de coworking locaux au cas où il y aurait un problème avec internet, afin de pouvoir se réinstaller rapidement si nécessaire. Nous gardons les mêmes horaires et la même routine que chez nous à Paris. En se réveillant à la même heure, en prenant notre café à la même heure et en respectant les horaires de bureau.

Le matériel n’est pas négligeable pour un cadre de travail confortable. Au début, je voyageais avec beaucoup plus que ce dont j’avais réellement besoin. Je me contente maintenant d’un ordinateur portable, d’un support pliable, d’une souris, d’un clavier Bluetooth, et d’un casque antibruit. Au départ, j’avais un mini routeur en cas d’urgence, mais finalement, le partage de connexion sur  mon téléphone fonctionne tout aussi bien, et même cela, je l’ai peu utilisé.

Le digital offre la possibilité à chacun d’être nomade

Dans le secteur des technologies, les horaires sont assez flexibles. Nous travaillons souvent avec des clients, des collègues et des investisseurs installés dans différents pays. Les communications asynchrones sont devenues la norme. Même avant la pandémie, il y avait certains collaborateurs et certains investisseurs basés dans d’autres pays que je n’avais jamais rencontrés en personne.

Au cours de l’année écoulée, alors que nous étions presque entièrement à distance, nous avons multiplié par deux notre effectif et quasiment doublé nos revenus. Nous avons également bouclé un tour de table de 30 millions de dollars, intégralement réalisé par le biais d’e-mails et de conférences vidéo.

Avec le recul de la pandémie, notre bureau de Paris a rouvert mais dans un format différent. Il est actuellement organisé comme un espace de coworking, avec 30 places (notre effectif total est de plus de 150 personnes). Les collaborateurs qui le souhaitent peuvent réserver un bureau et venir quand ils le souhaitent. Nous avons augmenté les espaces de réunion, la plupart des personnes se rendant désormais au bureau  pour travailler ensemble. Les semaines où je me trouve à Paris, j’y vais pour des réunions presque tous les jours, mais on me trouve souvent travaillant depuis un appartement parisien, qui peut être situé n’importe où.

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Ce que j’ai appris en dirigeant ma startup tout en voyageant pendant un an – JDN
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