Selon sa dernière enquête intitulée ” Avocats et juristes face au futur : au-delà de la pandémie “, le cabinet Wolters Kluwers révèle que 80 % des avocats déclarent que leurs besoins en solutions technologiques ont augmenté en raison de la pandémie.

Parmi les personnes interrogées, 57 % des services juridiques prévoiraient d’augmenter leurs investissements technologiques au cours des trois prochaines années, tandis que 84 % les utiliseront plus fréquemment afin d’améliorer leur productivité future. Si le secteur n’a pas été le premier à adopter le digital, la pandémie a toutefois permis aux professionnels des métiers du droit d’accélérer leurs pratiques digitales – par choix ou par nécessité – non seulement afin de répondre aux contraintes sanitaires, mais également à celles de leurs interlocuteurs. Une transformation en marche qui aide le secteur à se dynamiser et dessiner le droit de demain.

Si la notion de transformation digitale s’est généralisée au point de n’être plus une tendance mais une réalité du quotidien pour la plupart des domaines, le secteur juridique figure parmi les derniers à avoir emprunté cette voie. Les freins s’expliquent notamment par la nécessité d’un cadre approprié en termes de confidentialité pour gérer les informations sensibles des professionnels du secteur.

Un secteur en pleine mutation

Alors que la cinquième édition du Rendez-vous des transformations du droit s’est tenue en novembre, le constat est sans appel, 2021 est l’année du changement pour le secteur juridique. Si la pandémie n’est certainement pas étrangère à cette accélération, ce secteur est plus que jamais au carrefour des métiers et des services.

Le droit est en effet présent dans tous les domaines, et grandit avec la digitalisation des services et l’émergence de nouveaux métiers et domaines. Le public est de plus en plus demandeur d’expertise, de conseil et d’accompagnement que ce soient des consommateurs aux services administratifs en passant par la justice, les usagers et les citoyens. Nous sommes en train d’assister à l’émergence du droit en tant que service « DaaS ».

Or, la pandémie de COVID-19 a accéléré la digitalisation de nombreux secteurs et la transformation du secteur juridique ; ces dernières années ont permis de démontrer les bénéfices de la digitalisation pour le droit, tant au niveau des processus en interne que la gestion des documents légaux avec les clients. L’accès à des outils sécurisés permettant d’assurer la conformité des documents et le maintien de la confidentialité ont ainsi permis de lever les barrières.

La digitalisation des services contractuels

Maximiser le rendement de ses revenus en rationalisant les processus contractuels, accélérer les cycles de vie des contrats tout en garantissant que les informations sont toujours à jour, sont autant de problématiques qui se posent aux acteurs d’un secteur juridique en pleine transformation.  

A l’instar de nombreux autres secteurs, les équipes juridiques et de conformité comptent parmi celles avec une importante quantité de documents à gérer. Sachant, qu’une entreprise moyenne gère une importante quantité de contrats quotidiennement, les processus manuels et une mauvaise communication entre les équipes peuvent rapidement entraîner des ralentissements, affectant considérablement la durée des cycles de vente ; à plus long terme des coûts supplémentaires peuvent être induits. Dans ce contexte, les solutions CLM peuvent alléger les pressions ressenties par les équipes juridiques et commerciales. Cependant, de nombreuses entreprises sont liées à des contraintes budgétaires significatives et le choix d’un fournisseur et d’une solution qui adhère à leurs besoins commerciaux spécifiques peut être incroyablement difficile.

Dans le monde « post-pandémie » actuel, les entreprises ne peuvent qu’aller de l’avant avec les « nouvelles » pratiques digitales adoptées au cours des derniers mois. Le mot d’ordre : continuer d’appliquer ce qu’elles ont appris des transformations numériques provoquées par une pandémie et voir comment elles peuvent rationaliser les processus vitaux. L’analyse de l’ensemble du processus de génération des revenus est cruciale dans cette prise de décision.

Lorsqu’elles évaluent la rentabilité d’une solution, il est important que les entreprises évaluent également dans quelle mesure une solution CLM communique avec le paysage applicatif existant. Les dirigeants doivent choisir une solution qui complète les flux de travail de toutes les équipes impliquées tout au long du cycle de génération des revenus – des ventes aux services financiers et juridiques. En bref, une solution en mesure de répondre aux besoins de leur entreprise de manière plus globale ; mieux connecter les personnes, les processus et les données, en rationalisant efficacement l’ensemble du processus de revenus de bout en bout.

Dessiner le droit de demain : montée des legaltech

Autre grand gagnant de l’année 2021, voué à faciliter la consolidation des processus du secteur le marché des legaltech. Selon les résultats du dernier baromètre « Les Legaltechs françaises, tendances 2021 », conduit par Maddyness / Wolters Kluwer / Banque des Territoire, 57,8 millions d’euros auraient été levés pour les startups du secteur au cours de cette année. Parmi ces jeunes pousses, 40 % sont dédiées à la digitalisation des processus métiers. Une nouvelle preuve, s’il en fallait de la nécessité d’accélérer la transformation numérique du droit.

Outre la création d’emplois induite par ces nouveaux métiers, ce sont de nouvelles possibilités commerciales qui s’ouvrent au secteur et vont poursuivre leur développement et leur consolidation au cours des prochaines années. Avec elles, la restructuration d’un cadre juridique encore conservateur pour veiller à la bonne gestion des processus et des données. Pour ce faire, un accompagnement sur mesure sera indispensable pour permettre aux cabinets d’avocats et organisations juridiques de trouver la structure correspondant à leurs besoins et à leurs contraintes respectives.

L’accélération de la transformation digitale du droit prendra de l’ampleur dans les mois et années à venir. Si le secteur sera incontestablement soumis à des turbulences et des ajustements au fil des déploiements. Des écueils sont à anticiper c’est pourquoi connaître son environnement et ses actifs avant de se lancer est essentiel pour garantir une bonne transition et une sécurité absolue des données. Cependant, ce basculement permettra de simplifier des processus chronophages, réduire des couts et sécuriser davantage les documents dans des coffres forts numériques ce qui renforcera la confidentialité des informations critiques gérées quotidiennement par les spécialistes du droit. Pendant cette période, l’accompagnement par des professionnels des technologies et spécialistes de la donnée sera essentiel à la mise en place de processus solides et l’avènement de cette transition.

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Digitalisation du secteur juridique : dessiner le droit de demain – JDN