Freelances, comment choisir votre structure d’accompagnement ? – JDN

Freelances, comment choisir votre structure d'accompagnement ? Les indépendants peuvent passer par des structures qui leur permettent de bénéficier des mêmes garanties que les salariés : les sociétés de portage salarial et les coopératives d’activité et d’emploi.

Il est conseillé aux indépendants de ne pas se précipiter sur le statut d’auto-entrepreneur, mais d’étudier les alternatives : les sociétés de portage salarial et les coopératives d’activité et d’emploi (CAE). Les freelances travaillent en toute indépendance mais ils sont officiellement salariés, avec la conversion des factures en salaire, et bénéficient d’une série d’avantages. Plusieurs critères importants doivent être évalués pour faire son choix parmi toutes les offres.

L’accompagnement

Les sociétés de portage salarial et les coopératives d’activité et d’emploi accompagnent l’indépendant tout au long de son activité. L’accompagnement est plus ou moins primordial selon son profil, mais il ne doit pas être négligé. « Dans les sociétés traditionnelles, chaque porté a un gestionnaire, souvent attitré, il faut un partenariat, une relation de confiance. Chez nous, souvent ce sont les gestionnaires de comptes qui assistent le futur porté dans le dispositif d’adhésion », explique Guillaume Cairou, président de la Fédération des entreprises de portage salarial (FEPS) et dirigeant de la société de portage Dadixis. Pour avoir un premier aperçu, Anne-Claire Pignal conseille de contacter les structures comme la Fédération des CAE, dont elle est la déléguée, ou les Unions régionales des Scop (Urscop), de se rendre aux journées d’accueil, de voir aussi la réactivité lors des premiers échanges.

Certaines sociétés de portage proposent de l’aide pour trouver des missions, ou un référencement des entreprises clientes. Anne-Claire Pignal incite aussi à se pencher sur la dynamique portée par la coopérative : développement possible de l’activité, opportunités de marché, modalités de convention avec d’autres entrepreneurs, gestion des marques commerciales, accompagnement des appels d’offre, notamment mutualisés… La formation est aussi très importante : si elle est obligatoire, les modalités sont libres.

De plus, dans les coopératives d’activité et d’emploi, tous les entrepreneurs salariés ont vocation à devenir à terme associés de la coopérative. D’où l’intérêt de se renseigner sur l’acculturation progressive et sur l’animation de la vie coopérative. Sur ce point, Guillaume Cairou assure que certaines sociétés de portage tendent à se rapprocher des CAE, en offrant la possibilité aux portés avec la plus grande ancienneté d’être associés à la gestion de la structure.

Les frais

Pour exister, les sociétés de portage et les CAE prélèvent une commission ou une contribution variable sur les revenus générés. Elles prélèvent aussi d’autres frais reversés à des tiers : commission, cotisations sociales, CVAE, assurance, taxes… Guillaume Cairou recommande de demander une simulation engageante avant de signer dans une société de portage, afin de connaître son futur salaire net. « Les frais ne sont pas forcément les mêmes selon l’activité ».  La simulation doit être issue du logiciel de paye, et non calculée sur une feuille Excel, qui ne prend pas tous les éléments en compte. A défaut, demander un bulletin de paye détaillé, « notamment sur les activités à forte facturation : c’est là qu’il y a le plus de problèmes ».  Anne-Claire Pignal recommande également de prêter attention au mode de calcul, sur la marge ou le chiffre d’affaires par exemple.

Attention cependant, un taux trop bas signifie généralement un niveau de service bien moindre, ou avec des options importantes payantes. Pour une société de portage, « en-dessous de 5% de commission, il faut faire attention », et se méfier de « certaines entreprises qui promettent une rémunération très élevée par des montages internationaux ». En coopérative, le taux moyen se situe entre 8% et 15%. Mais la pilote de la fédération des CAE avertit qu’il faut surtout « regarder quels services sont associés ».

Les caractéristiques de la structure

Pour Guillaume Cairou, la taille de la société de portage peut être un critère : « Certaines cotisations sont assises sur l’ancienneté et l’effectif, certaines petites entreprises ne cotisent pas intégralement à tout ». En tant que président de la FEPS, il affirme que l’appartenance à une organisation professionnelle est aussi un plus, expliquant que lors du premier confinement, les adhérents de la branche professionnelle portage salarial ont bénéficié du chômage partiel. Il estime aussi qu’il vaut mieux se tourner vers une entreprise ayant au moins cinq ans d’ancienneté, et vérifier que les comptes de la société sont publiés au greffe du tribunal de commerce. La garantie financière est également très importante : « En cas de défaillance de la société, est-ce que je pourrai récupérer mes fonds ? ». Pour cela, il conseille de regarder les fonds propres, le capital social, la garantie sur salaire, et éventuellement de demander une copie de garantie financière.

Pour Anne-Claire Pignal, dans une CAE, la taille n’est pas forcément un critère pertinent. En revanche, selon son activité il est important de se demander si l’on veut intégrer une structure généraliste ou spécialisée. « Certains métiers gagnent à s’exercer dans une CAE sectorielle, ou sont même obligés pour des dispositions réglementaires ou fiscales : bâtiment (assurances), service à la personne (déduction fiscale des particuliers). Il faut aussi voir la dynamique interne, selon ce que l’on cherche : collaborer avec les mêmes familles de métier ou d’autres métiers ». Dans tous les cas, pour Guillaume Cairou, « il est important de savoir quelle est la taille du réseau et quelles sont les compétences représentées », car la collaboration est l’un des avantages mis en avant par ces structures. Savoir si une structure est implantée localement ou nationalement peut d’ailleurs être intéressant, selon le réseau que l’on souhaite développer, ou si aucune société n’existe sur son lieu d’exercice.

Selon les professions, les certifications peuvent être regardées, comme Qualiopi pour les activités de formation ou Qualibat pour le bâtiment. Côté portage, la récente norme Afnor XP 50 – 123 définit les pratiques du secteur. Pour Guillaume Cairou, la certification en découlant sera « importante, un gage de qualité et de transparence ».

Autre point d’attention, certaines structures imposent des barrières à l’entrée ou un minimum de facturation. Un certain nombre de coopératives exigent par exemple que l’entrepreneur salarié dispose d’au moins trois mois de rémunération chargée sur son compte entrepreneur, « une règle prudentielle, mais pas inscrite dans la loi ».

Les services

Ces structures se chargeant des procédures administratives, certains éléments comme les outils utilisés, le délai de validation des devis et factures, la délégation possible pour engager certaines dépenses (dans certains secteurs comme le bâtiment) ou effectuer des propositions commerciales doivent être questionnés. Le système d’information a son importance : ergonomie, simplicité d’usage, manipulations à effectuer pour recevoir sa paye tous les mois… Savoir comment sont sécurisées ses données est aussi un enjeu à ne pas négliger. Les modalités du remboursement des frais, « très important pour les indépendants », selon le président de la FEPS, mais limité à 30% du salaire brut, sont également à étudier.

Demander également si son activité est bien couverte par la police d’assurance de la structure, le niveau et les modalités d’assurance en responsabilité civile professionnelle. « Certaines activités (restaurateur d’œuvre d’art, coach sportif, certaines activités de bien-être) ont besoin d’une extension de garantie », explique Guillaume Carriou.

Du côté des sociétés de portage spécifiquement se pose la question des conditions, du montant et des coûts de l’avance intégrale de salaire, le délai moyen de paiement des factures par les clients étant d’environ deux mois.  » La convention collective oblige à une avance d’un minimum conventionnel de 2 400 euros bruts par mois. C’est faible pour certaines activités « .

En principe, les CAE comme les sociétés de portage assurent la relance systématique des impayés, « notamment le recouvrement contentieux (huissier, avocat), explique Guillaume Cairou, sauf dans les sociétés low-cost ». Mais si cela ne suffit pas, la gestion des impayés devient un vrai sujet : comment est-il pris en charge, l’indépendant a-t-il droit à l’intégralité du paiement malgré tout ?

D’autres points, s’ils ne sont pas prioritaires, peuvent aussi entrer en ligne de compte pour essayer de départager deux structures similaires : mutuelle, assistance juridique, conditions d’amortissement, gestion des immobilisations, récupération de la TVA, chèques Cesu, chèques vacances, tickets restaurant, épargne salariale.

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