Publié le 14 janv. 2022 à 13:33Mis à jour le 14 janv. 2022 à 14:49

Dans un écosystème tech peuplé majoritairement par des hommes, elles ont su se faire une place : dix femmes ont été sélectionnées par le collectif Sista pour faire partie des personnalités à suivre en 2022 dans la French Tech. « Elles ont tiré leur épingle du jeu malgré les obstacles : des chances moindres d’être financées et des salaires inférieurs à ceux des hommes », salue Deborah Loye, CEO du collectif Sista.

« Pour dresser cette liste, qui est publiée chaque année depuis dix ans, on peut compter sur tout un écosystème de bénévoles Sista (qui sont des entrepreneurs, des investisseurs…). Ce sont elles qui les nominent et les premières du classement sont retenues dans la liste », explique la directrice générale. « Il est grand temps de mettre les femmes en avant ! »

1. Audrey Bourolleau, co-fondatrice & directrice d’Hectar

Audrey Bourolleau, 41 ans, est à la tête d’Hectar, l’école gratuite d’agriculture financée par Xavier Niel et située sur un domaine de 600 hectares à Lévis Saint-Nom, dans les Yvelines. En plus d’une unité de formation aux métiers agricoles et de reprise d’exploitation, elle comprend un accélérateur de start-up, associé à l’école de commerce HEC. Avec 160.000 fermes qui seront à reprendre dans les trois ans à venir, l’enjeu est d’aider la profession à basculer dans un rapport apaisé avec la technologie.

Diplômée de l’école supérieure de commerce de la Rochelle, Audrey Bourolleau a fait une première partie de carrière dans la filière vinicole où elle a notamment dirigé le syndicat des Côtes de Bordeaux et le puissant lobby Vin et Société. Puis, engagée dans la campagne présidentielle en faveur d’Emmanuel Macron, elle finit par intégrer durant deux ans son cabinet à l’Elysée en tant que conseillère sur les questions agricoles.

2. Sophie Cahen, co-fondatrice & CEO de Ganymed Robotics

Sophie Cahen, cofondatrice et PDG de Ganymed Robotics.

Sophie Cahen, cofondatrice et PDG de Ganymed Robotics.Bruno LEVY/CHALLENGES-REA

Sophie Cahen a lancé en 2018 la société Ganymed Robotics, à l’origine d’une technologie innovante d’assistance chirurgicale en orthopédie. La start-up a choisi de faciliter la pose, complexe, des prothèses du genou. Après trois levées de fonds, la jeune pousse compte une équipe d’une vingtaine de personnes et a déposé six brevets.

Ingénieure diplômée de CentraleSupélec Paris, l’entrepreneure de 33 ans a suivi un parcours atypique : après un stage d’un an dans un cabinet d’investissement financier, elle travaille à Amman, en Jordanie, pour le compte de l’Agence française de développement (AFD). Puis elle revient en Europe pour travailler dans un cabinet de conseil en excellence opérationnelle, chez Avencore… avant de repartir gérer une agence de voyage en Iran, un MBA de l’Insead en poche.

C’est à son retour en France qu’elle a l’idée de Ganymed Robotics, notamment inspirée par une rencontre avec le roboticien Bruno Maisonnier, fondateur de la start-up Aldebaran, qui fait désormais partie de ses business angels.

3. Charlotte Fanneau, COO chez Heuritech

Engagée depuis cinq ans dans Heuritech, Charlotte Fanneau, 28 ans, en est désormais la COO (directrice des opérations) et membre du conseil d’administration. Créée en 2013 par deux doctorants en machine learning, cette start-up utilise la reconnaissance d’images pour détecter les tendances dans la mode qui émergent sur les réseaux sociaux.

Diplômée d’HEC Paris où elle notamment suivi un programme d’entrepreneuriat digital avec l’école 42, l’entrepreneure est aussi une des co-fondatrices de Follow’Her, une association qui soutient l’inclusion économique des femmes en Afrique et au Moyen-Orient.

4. Delphine Groll, co-fondatrice & COO de Nabla

Delphine Groll

Delphine GrollDR

Au moment de décrire son parcours, c’est sa carrière de jeune skieuse que Delphine Groll évoque : « Je suis avant tout une sportive qui aime la compétition », racontait-elle aux « Echos ». Chargée de mission aux sports auprès du président Nicolas Sarkozy, directrice de la communication du groupe Au Féminin durant trois ans, puis responsable du business développement chez MyLittleParis, c’est en 2018, à 32 ans, qu’elle a pris la tête des opérations de Nabla, une jeune pousse spécialisée dans le déploiement de technologies d’intelligence artificielle.

Financée à hauteur de 17 millions d’euros, notamment par Xavier Niel, la société a récemment lancé une application gratuite et dédiée à la santé des femmes. « Il existe de vraies carences dans la prévention, le diagnostic et le traitement » chez les femmes, justifie l’ancienne skieuse.

5. Aude Guo, co-fondatrice d’Innovafeed

Née en Chine de parents ingénieurs, Aude Guo atterrit à Paris à l’âge de 11 ans et se lance elle-même dans des études d’ingénieur aux Ponts et Chaussées. Après un passage dans l’aéronautique chez Safran et quelques années dans le cabinet de conseil McKinsey, elle s’intéresse à l’alimentation. Ce qui l’amène à co-fonder, en 2016, la start-up InnovaFeed.

Cette start-up, qui compte désormais Auchan ou Cargill parmi ses principaux clients, est spécialisée dans l’élevage d’insectes à destination de l’alimentation animale et végétale. Ses produits nourrissent des truites, de la volaille, du porc ou encore du saumon. Et de manière durable, grâce aux protéines « Hermetia illucens », la mouche soldat noire, réduites en farine, en huile et en engrais.

6. Chloé Hermary, co-fondatrice & CEO de Ada Tech School

A 27 ans, Chloé Hermary est la co-fondatrice et CEO d’Ada Tech School, une école d’informatique se revendiquant féministe et inclusive. Lancée en 2019 et située dans le 4e arrondissement de Paris, cette école prépare en deux ans au métier de développeur avec un diplôme niveau licence reconnu par l’Etat.

Se destinant au départ à travailler dans le stylisme de luxe, la diplômée d’HEC n’aurait « jamais pensé avoir les capacités pour devenir entrepreneuse », confiait-elle aux « Echos » en septembre dernier. C’est en se passionnant pour les formes d’apprentissage alternatives qu’elle fait naître ce projet d’école, qui a récemment annoncé une levée de fonds de 3 millions d’euros et compte ouvrir un second campus à Nantes pour la rentrée 2022.

7. Sophia Martin, partner chez Raise Ventures

A 37 ans, Sophia Martin a été nommée associée au sein de Raise Ventures en octobre dernier. La société d’investissement Raise, créée en 2013 par Clara Gaymard et Gonzague de Blignières, a pour ambition d’aider les grands groupes à travailler avec les start-up et les ETI.

Avant de rejoindre le groupe en tant que directrice des participations de la partie « Raise Ventures » (l’activité de Venture Capital dédiée aux startups innovantes, qui a d’ailleurs obtenu le label Diversity VC), Sophia Martin a travaillé plus de huit ans dans le secteur du Venture Capital. Diplômée de la Toulouse Business School et de l’University of Plymouth, elle a aussi occupé un poste opérationnel au sein des équipes Retail d’Amazon où elle était en charge d’un portefeuille fournisseur de plus de 130 millions d’euros.

8. Maya Noël, directrice de France Digitale

En octobre dernier, Maya Noël a pris les rênes de France Digitale. Créée en 2012 dans la foulée du mouvement des Pigeons (qui dénonçaient l’augmentation des taxes des entreprises), l’association et lobby français coprésidée par Frédéric Mazella, président-fondateur de Blablacar, est la première organisation de start-up en Europe.

Franco-Thaïlandaise de 32 ans, Maya Noël avait rejoint l’association dès 2019, chargée de créer la branche France Digitale Talent dédiée au recrutement dans les jeunes pousses. Diplômée de la Toulouse Business School, elle s’est consacrée dès le début de sa carrière à la recherche de nouveaux talents dans le numérique, d’abord en tant que chasseuse de tête à Mobiskill, puis en tant que co-fondatrice de YBorder, une plateforme de recrutement international.

9. Fanny Prigent, co-fondatrice & Chief Revenue and Strategy Officer d’EachOne

Âgée de 33 ans, Fanny Prigent a cofondé en 2015 EachOne, une start-up qui forme et aide les personnes réfugiées et migrantes à trouver un emploi en France. Associée à Théo Scubla, fondateur de Wintegreat, et Maxime Baudet, ancien de Jumia, l’entrepreneure se focalise d’abord sur les questions de recrutement avant d’élargir son offre à la formation, dans tous types de domaine. A ce jour, EachOne, qui a le statut d’entreprise à mission, a permis à 2.000 personnes de trouver un emploi dans 20 grands groupes.

En grandissant en Guyane, une « terre de migration », Fanny Prigent a « toujours été très engagée sur les sujets d’inclusion et de diversité », raconte-t-elle aux « Echos ». A la sortie de ses études à Sciences Po en 2011, la jeune femme a donc intégré durant cinq ans le cabinet Accenture en se spécialisant sur ces sujets, puis s’envole en Malaisie pour rejoindre durant deux ans Urban Refugees, une ONG qui vise à améliorer la vie des réfugiés.

10. Laura Roguet, VC chez Korelya Capital

Laura Roguet, VC chez Korelya Capital.

Laura Roguet, VC chez Korelya Capital.DR

Depuis quatre ans, Laura Roguet est principal au sein de Korelya Capital. Ce fonds de capital-risque – cofondé en 2016 par Fleur Pellerin et soutenu par le géant sud-coréen de l’Internet Naver – est la première structure française à avoir reçu le label Diversity VC. Derrière les levées de fonds de Devialet, Job Teaser ou encore Vestiaire Collective, il s’est donné pour objectif d’élargir l’horizon de la tech européenne en fournissant aux start-up les capitaux nécessaires à leur croissance et à l’accès aux marchés asiatiques.

Diplômée de l’ESCP Business School et de l’Institut Français des Administrateurs (IFA), Laura Roguet, 31 ans, est aussi l’auteure d’un « Guide sur la diversité et l’inclusion », disponible sur la plateforme Medium, s’adressant à la fois aux stagiaires et aux start-up.

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French Tech : les 10 femmes à suivre en 2022 – Les Échos