Ils sont les stars des réseaux sociaux. Des youtubeurs et des instagrameurs ont investi la toile et font de leur activité un métier. Ces anonymes devenus célèbres marchent sur les pas des acteurs, chanteurs ou encore sportifs qui sont embauchés par les marques pour faire leurs promotions. En Algérie, ils sont des dizaines de jeunes et moins jeunes qui s’adonnent à cette activité.

Ces créateurs de contenu, qui investissent la toile en Algérie, sont souvent mis à l’index pour leur légèreté. Ils sont accusés d’ « abétisation » de leur public. Ces influenceurs sont souvent au centre de guéguerres futiles, de commérages et de médisances. Cependant, ils ont un véritable impact sur des millions de personnes. Appelées dans le jargon les followers, ces personnes suivent les moindres faits et gestes de leurs idoles. Ce qui permet aux influenceurs d’avoir une grande exposition médiatique.

L’exposition médiatique une aubaine pour les entreprises

Cette exposition devient alors une aubaine pour les marques. Ces dernières investissent dans ce créneau et font de ces influenceurs de grands relais en communication. Ils vantent à longueur de journée, sous différents formats, des produits en tout genre. Les influenceurs font la publicité de vêtements, cosmétiques, objets de décoration, hôtels, restaurants, produits alimentaires… etc. Ils sont ainsi rémunérés ou bénéficient d’autres avantages, tels que des produits gratuits, ou des voyages, ou toute autre compensation offerte par l’entreprise ou le commerce qui les engagent.

Il faut dire que l’Algérie comptabilise 43,92 millions d’abonnés à internet, selon le ministère de la Communication, dont 91 % (39,97 millions) sont connectés avec un téléphone mobile. Les pages écrites (web et réseaux sociaux), les images et les vidéos représentent 65 % du contenu consulté par les internautes algériens et la télévision sur IP (Netflix et autres abonnements de même type) représente 25 %.

L’Algérie compte, aujourd’hui, plus de 24 millions d’utilisateurs Facebook, soit 55 % de la population. Ces chiffres renforcent l’idée selon laquelle internet et les réseaux sociaux ont pris une place importante dans la vie des Algériens. Ce potentiel d’ « acheteurs » oblige les entreprises à s’investir dans la publicité sur le web en faisant appel aux influenceurs.

Influenceurs en Algérie : Une brèche ouverte aux escroqueries

Cette possibilité offerte aux influenceurs d’avoir un impact sur la consommation a ouvert une brèche aux escroqueries de tout genre. Le dernier scandale en date remonte à quelques jours. L’influenceur et comédien algérien Farouk Boudjemline, alias Rifka, s’est retrouvé au cœur d’une vive polémique en Algérie. Celui-ci a été accusé d’avoir fait la promotion d’une agence qui aurait escroqué des étudiants algériens qui souhaitaient poursuivre leur cursus universitaire à l’étranger. Rifka et d’autres influenceurs ont fait la promotion de cette agence qui promettait de prendre en charge ses clients sur tous les plans concernant notamment le voyage, empochait de l’argent en contrepartie. Sauf que les étudiants se retrouvent abandonnés après avoir payé les frais qui leur sont réclamés. Ce cas n’est pas une exception. De bonne ou mauvaise foi, des influenceurs ont souvent servi d’outil à des agences ou entreprises pour escroquer des clients.

Publicité sur le web et pouvoir d’achat des Algériens

La publicité sur le web a pris son essor dans une conjoncture économique difficile en Algérie. En effet, la crise économique qui touche les foyers n’est pas propice à la consommation. Le recul du pouvoir d’achat des Algériens fait que ces derniers consomment de moins en moins, surtout les produits qui ne sont pas nécessaires. Cette donne calme les ardeurs des publicitaires et fait reculer les ventes sur le net. Cependant le marché reste « vierge ». Ce nouveau mode de consommation a de beaux jours devant lui, surtout avec la numérisation prochaine des services bancaires. Un marché prometteur, où les marges de progression sont très grandes. Les influenceurs pourront alors tirer leur épingle du jeu, surtout en améliorant leurs contenus.

Les influenceurs et la loi en Algérie

Depuis le mois d’avril 2021, le ministère du Commerce a annoncé de nouvelles mesures concernant les influenceurs et influenceuses des réseaux sociaux en Algérie. Il s’agit de la possibilité de délivrer des registres du commerce à cette catégorie d’entrepreneurs sur les réseaux sociaux, dans le but d’avoir accès à une activité tout à fait réglementée et à part entière, selon le Centre National des Registres du Commerce (CNRC). À cet effet, le CNRC a ajouté un nouveau code à cette activité. Ceci permettra aux créateurs de contenus sur le web d’exercer leur activité en toute légalité et comme le stipulent les lois commerciales en Algérie. Cette activité a été désormais inscrite dans la nomenclature des activités économiques sous le code 617040.

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Instagrameurs et influenceurs : Nouveau business en Algérie – ObservAlgerie