Élu en 2016 à la tête du Snagan, le syndicat des agents généraux Gan, Jean-Luc Vidal a débuté son mandat au moment où la filiale de Groupama entamait un plan de redressement. Il revient sur la situation du réseau.

L’Argus de l’assurance. Gan, en difficultés financières, a entamé en 2017, sous la houlette de Claude Zaouati, un plan de redressement assez drastique à l’origine de certaines tensions dans le réseau. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Jean-Luc Vidal. Nous sommes sortis de la période où il fallait redresser les comptes. Sans cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, le climat est plus détendu. Les résultats sont corrects et de plus en plus solides. Cela a été fait malheureusement avec de la casse. Mais une casse encadrée au maximum, avec des traitements au cas par cas. Nous avons tout de même perdu certains risques et des marchés importants, comme les appels d’offres des collectivités locales et les TPV (transports publics de voyageurs). La surveillance accrue de la sinistralité dans tous les domaines, depuis 2017, entraîne des taux de sortie plus importants et parfois moins de souscriptions. Elle est surtout très difficile à gérer en agence. Néanmoins, l’amélioration des résultats techniques est aussi, en partie, la conséquence de cette politique. Celle-ci doit désormais retrouver un rythme normal. Il faut qu’il y ait une écoute plus accrue du réseau.

Quel est l’état d’avancement du projet Ideogan, dont l’objet est la refonte des produits, process et outils dans le réseau Gan ?

Le projet a été lancé en 2015 et devait se terminer en 2019. Malheureusement, il y a eu des coûts élevés pour des résultats qui se font attendre. Le projet devrait aboutir en 2022. Nous sommes face à des contraintes informatiques très lourdes. Même si globalement l’informatique s’est modernisée, nous manquons cruellement de souplesse. Nous commençons à voir le bout du tunnel, mais il y a eu des moments difficiles. Le Snagan a énormément travaillé par l’intermédiaire de dizaines d’agents qui ont participé à des groupes de travail, des tests, des pilotes. Cette participation a permis de corriger plusieurs lignes du projet. Point positif, nous sommes certainement un des réseaux les plus avancés avec bientôt 100 % de signatures électroniques possibles. Une fois la migration Ideogan derrière nous, le réseau des agents généraux du Gan devrait pouvoir bénéficier, enfin, de davantage d’investissements sur son modèle.

Vous évoquez l’informatique. Quelle est la situation aujourd’hui ?

Nous avons des problèmes aléatoires qui touchent au hasard certains cabinets, tel ou tel poste…. Ce n’est jamais la même chose, les analyses sont toujours très longues et ne nous voyons pas toujours les solutions. Nous ne doutons pas de la bonne volonté des personnes en charge de régler ces problèmes. Mais à ce stade, les solutions envisagées ne nous permettent toujours pas d’envisager d’abord une stabilité du système puis un niveau de performance honorable.

Que veut aujourd’hui le réseau des agents Gan ?

Les agents généraux souhaitent plus d’investissement pour le développement. Malheureusement, nous rentrons dans un mode de fonctionnement de plus en plus réglementé, cadenassé par de nombreux process, car la direction générale veut maîtriser tous les risques. Cela peut être inquiétant pour le métier d’agent général. Notre métier, c’est plutôt de l’adaptabilité, du sur-mesure. Sur les 5 prochaines années, il y a un vrai sujet. Je me demande quel sera le profil de l’agent général plus tard si nous continuons dans cette voie du tout process et du tout contrôle. L’audit est peut-être même plus lourd sur le volet réglementation que sur le volet métier. L’agent général pour s’exprimer a besoin que son ADN soit respecté.

Comment se porte le réseau des agents généraux Gan ?

Il y a beaucoup de cas différents mais, pour schématiser, nous avons eu un important renouvellement sur les dix dernières années. 50 % des agents du Gan ont moins de dix ans d’ancienneté et ils ont souvent énormément d’appétit. En revanche, ceux qui sont dans le réseau depuis quinze, vingt ans et plus ont pour beaucoup le sentiment de ne plus s’y retrouver. C’est le résultat du phénomène que je viens de décrire. Malgré nos difficultés, un nombre significatif d’agences affichent un solde net (différence entre les résiliations et les affaires nouvelles) positif. Du côté de la compagnie, ce solde reste quant à lui encore en négatif. Notre mandante doit savoir parler à tous les agents et être capable de retrouver un solde net positif rapidement. Cela nécessite plus de liberté et plus de moyens que ceux mis à disposition aujourd’hui.

Comment avez-vous traversé l’arrivée du coronavirus ?

Presque tous les agents et collaborateurs sont restés en agence. Il y a eu du recours au télétravail dans la première période Covid notamment, mais rien à voir à ce qui a pu se faire dans les compagnies. Il faut se féliciter également que Gan assurances a été précurseur sur la mise en place du télétravail. Lorsque le coronavirus est arrivé, tout le monde était en activité contrairement à ce qu’on a pu voir chez d’autres acteurs de l’assurance. Le départ du premier confinement a été vraiment bien géré. Après, le télétravail n’est pas la panacée, ça ne remplacera jamais la présence physique en termes d’encadrement et de formation. Nous avons tout de même beaucoup souffert en vie où Groupama Gan Vie n’était pas prêt en termes d’outils à passer convenablement au télétravail.

874 : le nombre d’agents généraux Gan en France.

 

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

Jean-Luc Vidal (Snagan) : « Nous sommes sortis de la période où il fallait redresser les comptes » – L’Argus de l’Assurance
Étiqueté avec :