Créée en 1974, cette zone de protection de 650 hectares, dont 65 en réserve intégrale, abrite aujourd’hui 1 200 espèces animales et 500 végétales. La réserve marine Cerbère-Banyuls, c’est aussi des activités humaines maîtrisées et des millions de visiteurs sensibilisés. Une réalité, qui implique des règles en matière de navigation, de pêche et de loisirs. Un bilan positif, qui pousse son gestionnaire, le Département, vers une extension d’ici deux à trois ans. Or, des voix s’élèvent dénonçant “toujours plus de restrictions, une mer sous cloche et certains privilèges”.

Les premiers à monter au front, sont les pêcheurs de loisir de Cerbère, ou cette possible extension de la Réserve inquiète déjà au plus haut point. Pierre Homs et Guillaume Dimur, ont constitué une Amicale pour alerter, et défendre leurs arguments : “ protection rime avec réglementation, le problème c’est qu’elle ne s’applique qu’aux pêcheurs de loisir ! Or quand on veut protéger, il ne doit pas y avoir d’exception. Par exemple, il est interdit de pêcher le loup du janvier à mars, car c’est sa période de reproduction, mais cela ne vaut que pour nous. C’est une protection de façade, il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures, dès lors que l’on parle de protection forte !”.

A lire aussi : P.-O. – Réserve marine Cerbère-Banyuls : doubler la surface de protection pour protéger la biodiversité

La pêche de loisir menacée

Là est la crainte de tous ses passionnés : “c’est injuste, nous sommes stigmatisés. À Cerbère, 32 bateaux pratiquent la pêche de loisirs (à moins de 1,5 mile), 24 font en moyenne 5 sorties par saison, 8 en font une vingtaine, 3 pratiquent la pêche à la palangre, est-ce qu’une réglementation encore plus restrictive va améliorer la situation halieutique ? Nous ne sommes pas des prédateurs de la mer. Nous connaissons l’état des ressources, les poissons sont plus petits, les homards ont disparu, les congres sont de plus en plus rares, les murènes prennent le dessus, il faut agir ensemble”.

A lire aussi : Dès cet été, il faudra un pass pour pêcher dans le Parc marin du golfe du Lion

Les pêcheurs de loisirs cerbériens, ne sont pourtant pas anti-réserve : “c’est très bien pour l’éducation et la sensibilisation, pour la protection des mérous et des corbs, mais nous refusons d’être les seules victimes de nouvelles restrictions”.

Le mérou est la star de la réserve marine, son habitat pourrait être encore plus étendu par l'extension de la zone de protection.
Le mérou est la star de la réserve marine, son habitat pourrait être encore plus étendu par l’extension de la zone de protection. D. Fioramonti – Fioramonti Didier

Restants ouverts au débat ils évoquent des solutions : “Si l’on veut vraiment protéger, il faudrait une extension de la réserve intégrale. Une interdiction de pêche totale avec possibilité d’observation réglementée par les plongeurs. C’est ce qui est en place à l’Estartit (Espagne) à travers une activité réglementée qui est une ressource économique. Nous pensons aussi qu’il faut interdire les filets rougetiers sur les posidonies et accentuer la surveillance des chalutiers espagnols sur le cap Cerbère. On pourrait aussi définir une taille des hameçons, mieux organiser les mouillages…”.

Et de conclure : “les pêcheurs de loisirs ne sont pas la cause de l’appauvrissement du milieu marin, toutes ces restrictions et les concessions qui sont encore à venir, feront de cette zone méditerranéenne une base de loisirs surveillée, une mer sous cloche. Avec passion, courage, détermination et en responsabilités, nous voulons défendre cette liberté pour les générations à venir, qui risquent bien de ne pas connaître les plaisirs simples d’une pêche amateur”.

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

La colère des pêcheurs de loisir de Cerbère face à l’extension de la réserve marine : “Nous ne sommes pas des – L’Indépendant