C’est dans un écrin aux teintes modernes et aux équipements haut de gamme de l’espace de coworking Morning, rue Royale à Paris, que l’équipe d’Éclosion nous accueille. Le président de l’association Éclosion Fabien de Castilla et Agnès et Pierre de Rauglaudre, directrice et directeur, nous présentent les contours du startup studio à impact, pour lequel, elle et ils fondent de grandes ambitions. 

Le startup studio à impact comme modèle

Inédit dans le secteur de l’ESS, le concept du startup studio vient du monde de la tech où il a fait ses preuves en dupliquant la création de startups. Les cofondateurs d’Éclosion en sont persuadés, ce modèle est voué à conquérir le monde de l’impact

Fabien De Castilla, président de l’association Éclosion est convaincu que c’est le bon moment : 

Le studio Éclosion est né de deux constats : les enjeux de société d’aujourd’hui nécessitent de nouvelles solutions. La meilleure solution est de développer des entreprises sociales qui déploient vite des solutions à impact. Et à force de parler de startup nation et d’entrepreneuriat, il y a une culture aujourd’hui qui s’est développée chez les jeunes générations pour être entrepreneur.e.s. »

Le startup studio est fondé sur un modèle clair : identifier un potentiel business, trouver des entrepreneurs qui ont le profil pour développer l’entreprise, faire matcher l’idée et le profil, lancer la startup, la développer et la céder, nous détaille Fabien de Castilla. Pour lui, Éclosion se devait d’être une association loi 1901. C’est un vrai projet d’intérêt général basé sur l’impact social des projets développés. 

Le rythme du startup studio est de créer une promotion de trois nouveaux projets tous les six mois, en septembre et en mars.

Objectif : lancer dix startups à impact en trois ans. Cinq entrepreneurs sont accompagnés depuis septembre dernier, sur trois projets essentiellement liés à l’emploi. La nouvelle promotion d’entrepreneurs sera accueillie en mars 2022. 

Les spécificités du studio à impact

Chaque binôme d’entrepreneurs est accompagné par Agnès et Pierre de Rauglaudre, qui sont de véritables mentors et les accompagnent à toutes les phases du projet. 

Agnès et Pierre de Rauglaudre mentors chez Ecolosion. Crédits : Carenews

Pour Agnès de Rauglaudre, directrice de l’association Éclosion : « Le plus important, c’est d’être aux côtés des entrepreneurs dès le début du projet. Ils partent d’une page blanche, nous amenons des hypothèses, mais rien n’est sûr. Je leur dis souvent qu’on est dans une dimension d’exploration. Ce qu’on sait, c’est ce qu’on ne sait pas. »  

Pour elle, c’est très différent d’un incubateur qui va concevoir un programme d’accompagnement et accueillir des porteurs de projets qui recevront l’appui ou pas de l’incubateur. « Nous nous inscrivons dans la durée. Dans un incubateur, c’est limité à six, neuf mois voire un an d’accompagnement. » Autre différence de taille :

 Nous sommes cofondateurs aux côtés de l’entrepreneur. Dans un incubateur classique, que l’entrepreneur réussisse ou pas, que la société se développe ou pas, ce n’est pas son sujet. Pour nous, c’est très important, car Éclosion va prendre des parts dans les sociétés créées. C’est vraiment la spécificité du modèle startup studio. De fait, Éclosion est dans une véritable logique de succès de l’entreprise », précise-t-telle. 

“Identifier les bons profils d’entrepreneurs”

Le binôme Agnès et Pierre de Rauglaudre travaillent en parallèle sur le recrutement et l’identification de nouveaux profils d’entrepreneurs, sans forcément qu’ils soient porteurs d’idées, mais qui ont comme priorité, l’envie d’entreprendre. Pour Pierre de Rauglaudre, c’est un écho à sa vie d’entrepreneur. « On cherche des entrepreneurs sans idées. Cela me rappelle mes débuts quand je voulais monter ma boîte. Au début, on a surtout envie de monter une entreprise, sans avoir forcément d’idées. Ce sont ces gens-là qu’on cherche. Mais dans l’impact. » 

Pour Agnès de Rauglaudre, l’essence même du studio Éclosion est l’impact et les entrepreneur.e.s doivent en être imprégné.e.s. « Les profils d’entrepreneurs qui viennent à nous, ce sont soit des gens qui nativement veulent démarrer leur vie professionnelle dans l’impact en entreprenant, soit qui sont en rupture de leur première vie professionnelle et en recherche de sens. »

Témoignages d’entrepreneurs

Jessica et Pierre témoignent. Crédit : Carenews

Jessica Weinreb a travaillé pendant une dizaine d’années dans un grand groupe du secteur automobile. « J’ai rejoint le programme On Purpose qui s’adresse à des personnes qui veulent réorienter leur impact vers une carrière porteuse de sens. En sortant du programme, j’ai voulu me lancer à mon compte. J’ai rencontré Pierre de Rauglaudre qui m’a parlé du studio à impact Éclosion ».

Ce qui l’a convaincu, c’est le côté disruptif du modèle.

Venant du monde de l’économie classique, je trouvais cela important d’avoir de l’impact et une pérennité financière dans l’entreprise que je voulais créer. Éclosion permet de trouver cet entre-deux. C’est la force du modèle. »  

Autre avantage pour la jeune femme est le fait de ne pas être seule pour créer son projet professionnel. « En tant qu ‘entrepreneure, je redoutais la solitude. J’ai besoin d’être challengée par d’autres personnes. Être accompagnée par des personnes qui ont de l’expérience, travailler à plusieurs pour imaginer le monde de demain, c’était très important. Chacun a sa place dans le projet et on va tous vers le même objectif. C’est la principale raison qui m’a fait postulé chez Éclosion et pas dans un incubateur. »

Pierre Deleforge, quant à lui, a déjà un parcours d’entrepreneur social derrière lui. Dès 2008, il travaille pour un projet solidaire et en 2013, il cocréé une structure d’insertion d’impact social autour du développement de logiciel et d’assistance. « J’ai développé la société jusqu’à un effectif de 30 personnes. J’avais envie de revenir à la création d’une entreprise et les prémisses du projet. C’est ce que propose le studio Éclosion. »  

Avec Jessica, ils forment un binôme et sont associés depuis septembre dernier sur le projet Au Carré, une entreprise ESUS qui va proposer des solutions professionnelles digitales aux entreprises, en utilisant l’outil du no code pour faire travailler des personnes en situation d’exclusion, sans compétences techniques avancées. 

Pour Pierre, le startup studio présente de réelles différences par rapport à ses précédentes  expériences :

La dynamique impulsée par Éclosion permet d’avoir beaucoup de ressources à disposition, les mentors, les personnes de la com’, au financement, le réseau professionnel du président et des personnes du conseil d’administration. C’est une rampe de lancement très efficace qui va nous permettre d’aller très loin. » 

Autre particularité pour lui, le binôme qu’il forme avec Jessica est entièrement consacré à créer de l’impact à travers leur projet.  « On constate au quotidien qu’on ne réfléchit pas de la même façon. On a des parcours très différents. Ce qui est important, c’est qu’on est vraiment dans un code génétique pour faire uniquement de l’impact. Dans un startup studio classique, ce ne sont pas les mêmes indicateurs qui nous auraient permis de dire qu’on démarre ou pas l’entreprise. Là, on est dans l’ADN de l’impact social, cela revient sans arrêt, dans les échanges avec le studio et tous les acteurs. Cela influe à tous les niveaux. » 

Pour les deux entrepreneur.e.s, le premier trimestre 2022 sera synonyme de test grandeur nature. « On aura trouvé le business modèle qui va bien fin décembre et on va créer de suite l’entreprise Au Carré. Il faut que l’impact soit là, dès le départ. Les premières personnes seront accompagnées dès janvier. » 

Avec deux leitmotiv : 

L’impact social de l’entreprise et la pérennité financière d’un business modèle qui tient la route”, concluent Jessica et Pierre.

Christina Diego 

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Le startup studio à impact Éclosion veut essaimer dans l’ESS | Carenews PRO – Carenews
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