Il y a un peu plus d’un an, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, lançait un nouveau label intitulé « Relance », destiné à être apposé sur des fonds d’investissement. Son objectif : inciter les ménages ayant accumulé de l’épargne durant la crise sanitaire à la placer au service des entreprises françaises, notamment les petites et moyennes. Dix fonds étaient alors labellisés.

Depuis, le Trésor a tamponné sans relâche : 205 fonds d’investissement, issus d’un peu plus de 110 sociétés de gestion, arborent désormais le label (chiffres au 2 novembre). Un peu plus de la moitié sont accessibles aux investisseurs non professionnels, à travers une assurance-vie, un compte-titres, un plan d’épargne en actions (PEA), un PEA-PME, un dispositif d’épargne salariale ou un plan d’épargne retraite.

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« Nous souhaitions parvenir à 200 ou 230 fonds, afin que la gamme de placements labellisés contienne des produits suffisamment variés, notamment en termes de niveaux de risque et de liquidité, pour que tous les épargnants intéressés puissent s’y retrouver. C’est chose faite », se réjouit Paul-Simon Bénac, du bureau épargne et marchés financiers de la direction générale du Trésor. Le sésame doit continuer à être attribué par le Trésor jusqu’à fin 2022, mais à un rythme moins soutenu. « Depuis la rentrée, nous enregistrons cinq ou six nouveaux fonds par mois en moyenne », précise M. Bénac.

Un peu plus de 22 milliards d’euros

Ce label remplit-il sa mission ? Incite-t-il les épargnants à mobiliser leur cagnotte Covid pour l’économie française ? Les fonds labellisés affichaient, fin septembre, un encours sous gestion de 22,4 milliards d’euros, selon le Trésor. Mais celui-ci ne précise pas pour l’heure la part collectée depuis la labellisation de ces produits, qui, pour beaucoup, ont été créés bien avant le label.

Quelle part est-elle investie dans les entreprises françaises ? Selon Bercy, elle est aujourd’hui de 74 %. Et 58 % plus précisément dans des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI, jusqu’à 4 999 salariés) françaises. Il faut savoir que la charte du label n’impose le plus souvent qu’un minimum de 30 % d’investissement en fonds propres dans des entreprises françaises, dont 10 % dans des TPE, PME ou ETI nationales (ou de respectivement 60 % et 20 % dans certains cas).

En pratique, si en moyenne les fonds labellisés surpassent pour l’instant largement ces engagements, les pourcentages investis en France et dans les TPE/PME/ETI françaises varient fortement d’un produit à l’autre, certains allant jusqu’à consacrer la totalité de leur actif aux entreprises françaises de tailles modestes, d’autres fléchant les capitaux de façon beaucoup plus diversifiée, en intervenant aussi, et parfois majoritairement, en dehors de l’Hexagone et dans les grandes entreprises.

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Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

Les fonds labellisés « Relance » aident-ils vraiment les entreprises françaises ? – Le Monde