Les partenaires sociaux de la branche des collaborateurs d’agents généraux ont conclu un accord afin d’encourager le recours à l’intéressement. Les agents généraux étaient encore peu nombreux à y recourir.

L’intéressement est un dispositif peu répandu dans les TPE. Les agences générales d’assurance ne font pas exception à la règle. D’après les chiffres d’Agéa, la fédération nationale des syndicats d’agents généraux, seuls 17% des agents généraux ont recours à cette prime facultative liée à la performance collective. Parmi lesquels un quart d’entre eux seraient des agences de 5 à 9 salariés. C’est toutefois mieux que le reste des TPE françaises. Moins de 8% des entreprises de 1 à 9 salariés bénéficient d’un tel accord, contre 50,3% des entreprises de 250 salariés en 2019, selon les données de la Dares (ministère du Travail).

Attractivité

Or, selon la fédération, l’intéressement serait un bon moyen de fidéliser les collaborateurs d’agence en les associant financièrement aux résultats ou à la performance de l’entreprise et de doper l’attractivité de ce métier. En effet, depuis plusieurs années, les agents généraux peinent à recruter. Afin d’encourager largement le recours à cet outil dans les agences, les partenaires sociaux de la branche des collaborateurs d’agences (26 000 salariés) ont signé le 26 mai dernier un accord collectif national.

L’accord collectif précise les conditions d’application en agence. L’intéressement pourra être mis en place sur décision unilatérale de l’employeur (DUE) dans les agences de moins de 11 salariés ou par le biais d’un accord qui doit être conclu avant le 1er juillet pour être applicable à l’année en cours.

17 % des agents généraux ont déjà recours à l’intéressement dans leur politique de rémunération (Source : Agéa)

 

Le principe de l’aléa

Le versement de l’intéressement doit toutefois respecter le principe de l’aléa : nul ne doit savoir à l’avance si la condition se réalisera en fin d’exercice. « L’aléa est obligatoire. Il ne faut pas que les sommes versées à l’issue de l’intéressement soient requalifiées comme des primes déguisées afin d’échapper aux cotisations sociales », souligne Xavier Bourhis, agent Generali à Guipavas (Finistère). Les sommes attribuées en application de l’accord d’intéressement ne sont en effet pas considérées comme des rémunérations et ne sont donc pas soumises aux cotisations de Sécurité sociale. Elles restent en revanche assujetties à la CSG et à la CRDS, mais pas au forfait social. L’accord comporte également une dizaine d’exemples de formules de calcul de l’intéressement « clé en main » en fonction des critères financiers, opérationnels ou extra-financiers retenus par l’agent. « La loi nous donnait la possibilité d’imposer des critères, mais nous ne l’avons pas fait, car la diversité des agences ne permet pas de définir une seule formule », explique Julie Condé, juriste chargée des affaires sociales pour Agéa.

Ne pas confondre intéressement et participation !

  • La participation est un dispositif obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés. Il se présente sous la forme d’une prime dont le montant est fixé par un accord en fonction des bénéfices de l’entreprise.
  • L’intéressement est un dispositif facultatif qui se présente sous la forme d’une prime, dont le calcul repose sur des critères financiers ou extra-financiers. Il est exonéré de forfait social pour les entreprises de moins de 250 salariés.

Motivation

Mais certains agents généraux, à l’instar de Luc Heurtebize, agent général Gan à Cadillac (Gironde), n’ont pas attendu l’accord de branche pour faire entrer l’intéressement dans leur agence. « Cela fait sept ans que j’ai mis en place l’intéressement. Les collaborateurs en agence ont relativement peu d’évolutions possibles. Il faut donc absolument trouver des systèmes d’animation », expose Luc Heurtebize.

Jean-Charles Pied, agent général de la Mutuelle de Poitiers à Vasle (Deux-Sèvres), a mis en place l’intéressement à l’ouverture de son agence. Il se base, entre autres, sur la production, la fidélité des sociétaires et la maîtrise des frais généraux comme critères de déclenchement. « Cela me permet d’associer les collaborateurs à la bonne marche de l’entreprise. C’est un mode de management », explique-t-il. Luc Heurtebize, lui, compte sur le développement du montant des commissions. « Nous avons couplé ces critères avec les résultats techniques fournis par la compagnie », souligne l’agent Gan.

Le travail d’information d’Agéa semble payer, puisque, depuis la mise en place de cet accord de branche, d’autres agents généraux réfléchissent à la mise en place de ce dispositif. « Il est trop tard pour le faire cette année, mais c’est une chose à laquelle je réfléchis pour l’an prochain », confie Jean-Baptiste De Vos, agent général Aréas Assurances à Anet (Eure-et-Loir).

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L’intéressement, nouvel atout RH des agents généraux d’assurance – L’Argus de l’Assurance
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