La généralisation du télétravail dans le monde de l’assurance n’est pas sans conséquences sur l’environnement des salariés, surtout concernant l’aménagement des espaces de travail.

Selon le rapport de l’Observatoire sur les métiers et les formations des salariés de l’assurance (Roma) publié le 19 octobre, 53,1 % de salariés bénéficient aujourd’hui du télétravail dans le monde de l’assurance. Un chiffre dont « la progression est exponentielle », note l’Observatoire des métiers, puisque le secteur ne comptait que 23,5 % de télétravailleurs avant la pandémie de Covid-19.

Alors certes, depuis le 9 juin, le 100 % télétravail imposé durant la crise n’est plus la règle. Pour autant, après avoir expérimenté – souvent avec succès – cette organisation pendant quinze mois, beaucoup d’acteurs ont décidé de ne pas « revenir au monde d’avant ». Au moment où les salariés sont retournés progressivement au bureau, une grande majorité des entreprises ont préféré miser sur un mode hybride, caractérisé par une alternance entre présentiel et distanciel. Un nouveau fonctionnement qui n’est toutefois pas sans impact sur l’environnement dans lequel évoluent les salariés.

Réaménager les espaces

« Nous ne pouvons réorganiser le temps de présence au bureau sans nous poser concomitamment la question du poste de travail », observe Éric Gex-Collet. Le directeur des richesses humaines du groupe Aésio, un organisme dans lequel jusqu’à trois jours de télétravail fixes par semaine sont désormais proposés, a fait les calculs : « Nous disposons d’une cinquantaine de sites en France, en pleine propriété ou en location. Soit environ 70 000 m². Si nous considérons qu’au moins 40 % des salariés ne sont pas présents quotidiennement à leur bureau, cela signifie que nous avons 28 000 m² inoccupés chaque jour. » Dans ce contexte, le DRH précise que les questions d’optimisation et de réorganisation des espaces « seront rapidement à l’ordre du jour » au sein du groupe mutualiste.

D’autres sociétés se sont déjà emparées de ce sujet. Allianz France vient notamment de lancer un projet sur cette thématique intitulé « Vivre ensemble chez Allianz », en cours de déploiement au sein de la tour Neptune, à La Défense. « Nous avons réparti les espaces en fonction des usages. Certains endroits sont désormais réservés aux réunions dites de brainstorming ou de création. D’autres ont été repensés pour faire du phygital (avec des personnes physiquement présentes et d’autres à distance, ndlr) », indique Cécile Deman-Enel, DRH d’Unités & Product owner, en charge du développement du nouvel environnement de travail au sein de la filiale française de l’assureur allemand. Chez de nombreux acteurs, les salles de réunion ont ainsi été équipées d’écrans et de systèmes de visioconférence pour faciliter les échanges entre les salariés sur site et ceux travaillant depuis leur domicile.

« Le flex office s’est naturellement installé », ajoute Anne-Laure Tapponier, directrice des ressources humaines et innovations sociales chez Garance. « Celles et ceux qui ont des bureaux attitrés laissent dorénavant la possibilité à leurs collègues de s’y installer pendant leur absence », explique-t-elle.

Alors que les collaborateurs sont, par la force des choses, amenés à moins se croiser au bureau, les entreprises accordent désormais une attention toute particulière aux lieux dits dynamiques. « Les espaces de travail collaboratifs occupent une place plus importante qu’auparavant », constate-t-on au sein de la Mutuelle générale. Depuis le 1er juin, la troisième mutuelle santé offre la possibilité à ses salariés de télétravailler jusqu’à cinq jours par semaine. Un changement majeur d’organisation qui a entraîné des travaux de réaménagements au sein du siège parisien de la mutuelle, qui s’achèveront en février prochain.

« Afin de maintenir le lien social, nous avons augmenté les espaces communs qui permettent aux collaborateurs de se rencontrer, précise-t-on en interne. Les salariés ont été associés au choix du mobilier, à la décoration et à l’aménagement du siège, afin que le site plaise au plus grand nombre et renforce son attractivité », souligne La Mutuelle générale. Donner envie aux salariés de revenir sur leur lieu de travail, sans qu’ils restent assis toute la journée derrière leur bureau, tel est également l’ambition d’Apicil. À l’occasion du regroupement de l’ensemble du personnel lyonnais sur un site unique, prévu pour 2024, le groupe de protection sociale planche d’ores et déjà sur les futurs travaux de réaménagement et réfléchit à déployer sur site « un nouveau cadre de vie favorisant la performance et le bien-être des collaborateurs », indique-t-on au sein d’Apicil.

53,1 % La part des salariés de l’assurance bénéficiant du télétravail, contre 23,5 % avant la pandémie de Covid-19
Source : Rapport de l’Observatoire sur les métiers et les formations des salariés de l’assurance (Roma), 2021

La restauration d’entreprise délaissée

Autre conséquence de la mise en place du travail hybride : moins de personnes mangent quotidiennement dans les restaurants d’entreprise. Chez Axa France, « les nouveaux accords de télétravail (effectifs début novembre, ndlr) entraîneront une baisse durable du nombre de convives quotidiens, de l’ordre d’un tiers », souligne l’assureur, précisant avoir toutefois souhaité maintenir la même exigence de services et d’offres culinaires. « Pour les sites de petite taille, situés notamment en région, l’entreprise a fait le choix d’attribuer des titres restaurant tout en étudiant des solutions alternatives de restauration avec les acteurs du marché », ajoute la compagnie, citant en exemple, parmi ses réflexions en cours, la livraison potentielle de plats chauds au bureau.

Klesia a été encore plus loin. « À l’occasion de la signature de notre accord sur le télétravail, nous avons décidé de supprimer les restaurants d’entreprise parisiens », explique une source interne. En remplacement, des titres Ticket Restaurant® sont à présent distribués à l’ensemble des collaborateurs du groupe de protection sociale.

Les activités repensées

Dans une moindre mesure, les activités sportives et socioculturelles proposées en interne par les ressources humaines ont aussi été touchées par le travail hybride. « Certaines solutions provisoires développées durant le confinement sont devenues pérennes », remarque Anne-Laure Tapponier, de Garance. Chez Generali, de nouvelles solutions ont été adoptées pour permettre aux collaborateurs qui le souhaitent de suivre des cours de fitness à distance. Soucieux du bien-être de ses collaborateurs à distance, la Maif a créé un programme en juin dernier intitulé Maif Mouv’. « Chaque collaborateur peut désormais accéder à cette application pour développer ses pratiques sportives, grâce à des cours en ligne ou des conseils bien-être », annonce la mutuelle niortaise.

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

Ressources humaines : quand les salariés ne sont plus tous les jours au bureau – L’Argus de l’Assurance
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