Challenges – Après ProwebCE, pourquoi avoir créé un incubateur?

Patrice Thiry – C’est un moment béni pour les entrepreneurs. J’avais envie de transmettre et de rester dans l’écosystème après avoir connu une belle success story. Et j’étais tellement proche de mon comité de direction que, très vite, nous nous sommes dit: “Qu’est-ce qu’on veut faire ensemble?” 

N’y a-t-il pas trop d’incubateurs?

Il y en a beaucoup mais, à ma connaissance, aucun n’est piloté par un comité de direction qui a amené une entreprise de 0 à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires et 25 millions d’Ebitda, qui a connu les levées de fonds, l’entrée en Bourse, le LBO, la cession industrielle. Avec Tomcat Factory, nous voulons aider les jeunes entrepreneurs à éviter quelques bêtises et aller plus vite sur certaines problématiques.

Combien vous ont rejoint?

Sur 300 dossiers traités en un an, nous avons intégré 20 start-up dans le SaaS (Software as a Service), les places de marché e-commerce, la sécurité ou le big data, avec des modèles B to B, par exemple. Elles génèrent entre 10.000 et 20.000 euros de revenus mensuels récurrents. Nous les accompagnons six mois. Cela permet de sélectionner celles auxquelles nous voulons proposer de réaliser leur série d’amorçage ou série A, via le fonds que j’ai créé avec des business angels, Tomcat Invest. Nous avons déjà investi dans Save Market, Hello Syndic, Trustt, Wenabi et Dood.

Quel est le modèle de l’incubateur?

C’est du service for equity. Pendant six mois, nous offrons des bureaux à Levallois et une centaine d’heures d’accompagnement. En contrepartie, la start-up nous donne jusqu’à 7% de son capital. Nous investissons 1,5 million d’euros par an dans Tomcat Factory et 5 millions par an dans Tomcat Invest.

Comment avez-vous vécu la vente de ProwebCE?

Quand je vois les valorisations actuelles, je regrette! J’ai vendu 14 fois l’Ebitda. Aujourd’hui, les entreprises de SaaS se vendent 14 fois le chiffre d’affaires. Mais c’était la fin d’une tranche de vie de dix-sept ans et Edenred m’a fait une offre que je ne pouvais pas refuser. Plus on grossit, plus on est rentable, plus on se fait courtiser par des grands groupes. Et je ne voulais pas que mes enfants se sentent obligés de reprendre un jour l’entreprise.

Qu’avez-vous fait de l’argent?

Avec 30% du capital, j’ai récupéré 100 millions. J’ai écrit un livre. Ensuite, j’ai choisi de faire trois choses que j’aime: boursicoter, investir dans des start-up et dans l’immobilier, en transformant des immeubles pour en faire des logements Airbnb.

Votre principal conseil?

Faire attention aux trop grosses levées de fonds. Elles poussent à dépenser trop vite et donc à reculer le point de rentabilité. Quand je l’ai atteint en 2005, ma vie d’entrepreneur a changé. J’ai repris ma liberté, je n’avais plus besoin des fonds car tout le monde voulait me donner de l’argent.

Quel est votre rêve de croissance?

Ecrire un deuxième livre pour raconter comment j’ai accompagné la deuxième génération, y compris mes deux enfants, à devenir entrepreneurs.

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Tomcat Factory, le nouvel incubateur qui veut aider les entrepreneurs – Challenges