Une startup crée un avion à 6 ailes, mais quel est l’intérêt ? – Révolution Énergétique

Fondamentalement, les avions de ligne n’ont pas subi de profondes transformations depuis plusieurs décennies. Mis à part l’évolution du moteur à hélices vers le turboréacteur, la conception des appareils commerciaux n’a pas été un modèle d’inventivité et d’innovation. Une start-up californienne, appelée SE Aeronautics, semble bien décidée à changer cet aspect des choses. Son concept d’avion à 6 ailes permettrait de réduire les émissions de CO2 de 80%.

Cette jeune entreprise a développé un concept d’avion à trois paires d’ailes, baptisé SE200, qui aura une longueur de 42,6 mètres et une envergure de 35,3 mètres.
Les six ailes de l’appareil assureront une portance accrue, ce qui lui permettra de réduire la consommation de carburant de 70% par rapport à celle d’un avion conventionnel de même capacité. Il émettra aussi jusqu’à 80% de CO2 en moins et pourra transporter 264 passagers sur une distance maximale de 16.900 kilomètres. A charge pleine, le SE200 atteindra la vitesse de 1100 km/h (Mach 0.90).

Décollage et atterrissage plus courts

Le carburant du SE200 ne sera plus stocké dans les ailes, mais à l’arrière du fuselage. Grâce à cette innovation, les ingénieurs ont pu concevoir des ailes plus fines et plus aérodynamiques.
L’avion pourra ainsi décoller et atterrir sur des pistes plus courtes, lui ouvrant l’accès à de nombreux aéroports locaux.

Un autre innovation du SE200 est son fuselage monocoque. Au lieu d’être le résultat d’un assemblage complexe d’éléments métalliques, il sera fabriqué en matériau composite, ce qui, avec une durée de vie estimée à 50 ans, offrira à la fois une efficacité et une sécurité accrues. Cette conception inédite devrait permettre au SE200 d’être assemblé deux fois plus vite qu’un avion conventionnel de même type.

Les moteurs seront situés à l’arrière de la carlingue au lieu d’être fixés sous les ailes, ce qui devrait abaisser les risques pour les oiseaux lors des décollages et atterrissages. « Mais la cerise sur le gâteau est notre capacité à réduire la consommation de carburant de 70% » explique Tyler Mathews, CEO de SE Aeronautics. « Nous allons révolutionner l’industrie de l’aviation ».

Le secteur aéronautique se réveille

Devant la nécessité pressante d’abaisser son impact carbone, le secteur aéronautique a présenté de nombreux concepts d’avions peu gourmands en carburant au cours de ces 12 derniers mois, mettant en avant pour chacun d’entre eux une efficacité et une sobriété records.

Un modèle réduit de l’un de ces concepts, le ‘Flying-V’ de KLM, un avion futuriste et économe en carburant, a réalisé avec succès son vol inaugural le 2 septembre 2020. Il s’agissait d’une maquette pesant 22,5 kg et mesurant 3 mètres d’envergure.

Le concept, développé par KLM Royal Dutch Airlines et l’Université de Delft (TU Delft), a réussi un premier vol en conditions réelles, après de nombreux essais en soufflerie, puis au sol. Une fois construit, l’avion conçu en forme de V sera capable de transporter 314 passagers dans ses ailes.
Il serait plus économe en carburant de 20% qu’un Airbus A350, l’un des long-courriers dont la consommation est actuellement la plus basse.

A l’aide des données récoltées lors du vol inaugural, les chercheurs comptent réaliser un modèle numérique de l’avion, et l’intégrer dans un simulateur de vol, afin de poursuivre les recherches permettant d’aboutir à la réalisation d’un prototype grandeur nature.

Le Flying-V serait plus économe en carburant de 20% qu’un Airbus A350

Des boosters plus efficaces pour Airbus

Chez Safran Aero Boosters, une entreprise basée à Liège (Belgique) spécialisée dans la fabrication de compresseurs basse pression pour les réacteurs des Airbus ou des Boeing, les ingénieurs s’attèlent également à développer les moteurs qui voleront en 2035.

Grâce à une machine unique au monde et capable de réaliser des soudures extrêmement précises et solides, les boosters du futur tourneront 2,5 fois plus vite. Le compresseur sera plus compact, et va comprimer l’air plus efficacement. « L’enjeu de ce procédé, c’est le positionnement des petites ailettes au centième de millimètre près », explique François Lepot, CEO de Safran Aero Boosters. Le positionnement extrêmement fin de celles-ci est directement lié à la consommation du moteur. Les soudures de dernière génération devraient permettre une rotation plus rapide, un positionnement de ces ailettes plus précis et moins de fuites. Tout cela devrait se traduire par des gains en consommation de 15 à 20%.

Des avions en cure d’amaigrissement

Quel que soit son design ou son mode de propulsion, l’avion du futur sera plus léger et intégrera davantage de matériaux composites, s’il veut être moins gourmand en carburant. Ils permettent une diminution du poids, mais aussi du nombre de pièces.

La recherche de la masse minimale sera une constante dans l’innovation aéronautique. Pour atteindre le zéro-carbone, les composites apportent une partie de la solution, mais l’avion de demain devra relever d’autres défis, tels que des ailes plus longues, plus flexibles, l’optimisation de l’aérodynamisme, etc.

Il restera à vérifier que toutes ces évolutions technologiques seront suffisantes pour répondre à nos objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre. Et qu’elles permettront au secteur aérien de continuer sa croissance. Dans le cas contraire, il faudra peut-être envisager une réduction de la voilure.

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