Présentée comme un moyen de lutter contre les contrats courts, cette réforme pénalise en réalité les travailleurs contraints à la précarité dans bien des secteurs. Du nettoyage à la restauration, de l’hôtellerie aux parcs de loisirs, en passant par toutes les catégories de travail saisonnier, dans l’agriculture comme dans le tourisme, bien des salariés voient d’ores et déjà le montant de leurs allocations chômage baisser drastiquement.

Pour avoir droit à des allocations, il faut désormais avoir travaillé six mois à temps plein, contre quatre mois précédemment. La période de référence est passée à 24 mois contre 12 auparavant. Mais le nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence prend en compte les périodes non travaillées, ce qui le fait automatiquement baisser, entraînant à son tour la baisse de l’allocation chômage. Ainsi, un travailleur dans le secteur événementiel, par définition occasionnel, a vu le calcul de son indemnité journalière passer de 62 euros par jour à 26 euros, soit moins de 800 euros par mois.

D’après l’Unedic, le calcul des nouveaux droits peut ainsi entraîner une perte de plus de 40 % du montant de l’allocation par rapport à ce qu’il aurait donné avec les anciennes règles. Si cet organisme qui gère l’indemnisation des chômeurs affiche 2,3 milliards d’euros d’excédent cette année, c’est bien plus la conséquence de la baisse des allocations que du nombre de chômeurs !

Avec la réforme de l’Assurance chômage, le précédent gouvernement Macron prétendait lutter contre la précarité. En réalité, ces mesures réduisent l’accès à l’indemnisation comme le montant de l’allocation. Elles sont en même temps une façon de faire pression sur l’ensemble des travailleurs, pour accepter le travail à n’importe quelles conditions et à n’importe quel prix.

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Chômage : la réforme coule les précaires – Lutte Ouvrière