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Je ne crois plus à l’entreprise ” me confiait hier matin un entrepreneur et ancien DRH de grands groupes. Pour lui, la “perte de sens”, la “non-reconnaissance du travail” et le “manque de loyauté de l’entreprise” contribuent à rompre la confiance des salariés envers leur employeur et, par conséquence, nuisent à la profitabilité de l’organisation.

Constat cruel et désabusé dans la bouche d’un bon connaisseur de l’entreprise. Mais peut-on lui donner tort ? Dans la plupart des entreprises japonaises, l’employeur exige une grande loyauté de ses salariés. En réciprocité, il leur sera fidèle pendant toute leur vie professionnelle si nécessaire. En France, les grandes vertus -revendiquées- de certains dirigeants d’entreprises à mission ne les empêchent pas de lancer des plans sociaux.

En réalité, ajoute-t-il, malgré tous les discours, “le rapport employeur-employé reste très déséquilibré”, ce qui explique largement le désengagement des salariés.

Avant la Covid, les salariés prenaient sur eux et n’en pensaient pas moins. A quoi bon me défoncer dans mon travail, se disent-ils, si je n’ai aucun retour de cet engagement?

Pendant la pandémie, les salariés qui se sont retrouvé en chômage partiel ou en télétravail, ont eu le temps de réfléchir à leur travail et à leur vie. Beaucoup en ont tiré les conséquences : démission, déménagement avec refus de revenir au bureau, basculement dans l’entrepreneuriat. La Grande Démission.

Le fameux lien de subordination du salarié par rapport à l’employeur, sensé être indispensable au fonctionnement du collectif de travail, s’est rompu.

Cette rupture ne marque probablement pas la fin de l’entreprise ni, à court terme, celle du salariat. Mais donne à réfléchir sur une mutation en cours. Certaines entreprises l’ont bien compris qui collaborent avec des indépendants, des freelances. Ou qui travaillent avec des salariés autonomes, en portage salarial ou en temps partagé dans des groupement d’employeurs. Une manière de rétablir l’équilibre dans une relation, non plus employeur-salarié, mais employeur-prestataire.

Certains freelances inventent même de nouvelles formes d’entreprises en réseau en s’associant avec d’autres indépendants pour créer des tasks forces multi-compétences pouvant répondre à des commandes complexes de grandes entreprises.

On peut se rassurer comme le type qui tombe par la fenêtre : “Jusque là tout va bien”. Cette crise sanitaire va se résorber et tout va revenir dans l’ordre.

On peut aussi écouter ce gros signal faible d’aspiration à l’autonomie. Mais, comme je l’écrivais la semaine dernière, la difficulté avec les signaux faibles c’est leur interprétation.

Qu’est-ce qui vous empêche d’imaginer librement des nouvelles formes d’organisation du travail ? Vous êtes une partie du changement.

“I want a free mind not caged,
I want a free mind unburdened, unplagued”
chante Jen Cloher.

Sources

🥞 Question pour un fromton
Je ne sais pas trop quoi penser de ce team building à distance autour de la dégustation de fromage. Une reconnaissance, de fait, du travail à distance ou le signe qu’on a touché le fond du caquelon a fondue ? Bientôt des Chief Claquos Manager ?

🤜 Ça coince, ça râle, ça revendique
Ce subreddit – sous-communauté thématique du réseau social Reddit -, Antiwork, a souvent été citée ici. Cela chauffe sérieusement et tout est dans le titre.

👋 Coworking et tiers-lieu bigouden
Je vous avais déjà parlé du super projet des Bigouden makers. Voilà, c’est fait, leur tiers-lieu est ouvert à Pont-Labbé avec plein de projets en cours. Originalité : il est porté par une entreprise qui est, elle aussi, ambitieuse. Désolé, j’ai peut-être mal cherché mais je n’ai pas trouvé d’émoji de coiffe bigouden.

🐘 Papy fait de la résistance
Dans le privé, la mobilisation pour le télétravail n’est « pas à la hauteur de la situation sanitaire », regrette le ministère du Travail. Selon une enquête de l’institut Harris, la proportion de salariés du privé ayant télétravaillé au moins un jour en janvier est de… 31 % (6 % à temps complet). Moins qu’en décembre et loin des 43 % de la mi-avril 2021. Le futur d’avant est de retour car hier ne meurt jamais (merci James).

🕺🏻 Bouge ton travail ?
Le sociologue Julien Damon revient sur le sujet de la démobilité contre les mobilités privées et professionnelles subies (coucou les Gilets jaunes). Il avait déjà publié il y a quelques années une note pour la Fondapol sur ce sujet.

😱 Le télétravail tue l’emploi
On avait observé ce phénomène à New-York et à Londres au début de la pandémie : les bars, restaurants et fast food ont souffert (voire fermé) à cause de la désertion des centres-ville. Au tour de la Défense (pas fait exprès pour le jeu de mot, promis) de souffrir du phénomène.

🤔 Comment manager après la crise ?
Un casse-tête : comment gérer le travail hybride après la crise ? Sujet bateau renouvelé par cet article qui résume les résultats d’une enquête auprès de 11 000 salariés.

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Comment dealer avec la bureaucratie

Pas sûr que vous ayez vu passer ce fil de conversation très intéressant de Nicolas Colin sur Twitter qui compare les bureaucraties allemandes et françaises. Une plaie, un fardeau, une absurdité ici, comme partout, auxquels nous sommes tous les jours confrontés, comme citoyens et dans notre vie professionnelle.
Nicolas observe que malgré son poids et sa rigidité, la bureaucratie française serait plus facile à vivre que l’allemande. Parce qu’il y a toujours moyen de moyenner en étant aimable avec le fonctionnaire en charge de notre problème. Et aussi parce qu’on peut toujours fluidifier les relations grâce à des copinages ;-). Mais le Web 3 nous sauvera peut-être, Nicolas pose la question…
En attendant, vous ne trouvez pas qu’il définit bien le fonctionnement d’une république bananière ?

Voir le thread sur Twitter (en anglais)

Conférence de rédaction

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En 2012, c’est comme cela qu’on voyait le coworking à la TV. Vous apprécierez “les agences de coworking” 😉
Depuis, l’expérience pionnière de Bras-sur-Meuse s’est développée grâce à l’énergie de son ex-maire, Julien Didry : expansion du coworking, fablab, formations, école de codeurs et, surtout, services rendus aux 700 habitants grâce au numérique.

Emission L'édition de l'emploi - INA

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“Je ne crois plus à l’entreprise” – Zevillage
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