Sommaire du dossier

« Imposer les rénovations des passoires énergétiques et les financer sur vingt ans »


Il faut autoriser, comme pour l’achat d’un logement, un emprunt longue durée pour financer les travaux de rénovation énergétique. Jusqu’à vingt ans, contre dix à quinze ans en moyenne aujourd’hui. Dans ces conditions, la mensualité de remboursement serait plus faible que l’économie de chauffage réalisée. L’éco-PTZ est un outil génial, mais il ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce que, jusqu’ici, les banques étaient en charge du dossier technique et ce n’est pas leur métier. Nous avons suggéré et obtenu de faire gérer cette partie via l’Agence nationale de l’habitat qui, au 1er juillet 2022, fournira le certificat d’éligibilité aux aides. L’autre souci est que les banques perdent de l’argent sur les PTZ. Il faut donc mieux les rémunérer parce qu’autrement, elles continueront à proposer des crédits à la consommation pour les opérations de rénovation. Le jour où on débloquera ça, le reste à charge sera “faible”.

Benoît Dulac, président du groupe Les Eco-Isolateurs

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« Arrêter les démolitions pour transformer »


Pour engager une amélioration de la qualité de l’habitat tant sur l’usage que sur la dépense énergétique, une solution simple et immédiate pour l’Etat consisterait à arrêter les démolitions et à lancer une transformation massive du parc. A travers les politiques de rénovation urbaine, le secteur public est le principal démolisseur de logements, avec ce que cela suppose en termes de consommation énergétique et d’émissions de CO2. Les investissements consacrés à raser, rebâtir et reloger peuvent être redirigés vers une réelle métamorphose de l’existant. Les coûts seraient bien moindres. Alors qu’une masse financière considérable est prévue pour la rénovation énergétique, il faut sortir de la logique qui prévalait il y a deux décennies et qui se limitait à l’isolation du bâti, parfois en le dégradant. Ces chantiers doivent prendre en compte la valeur spatiale et architecturale des logements ainsi que la qualité de vie des habitants.

Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, architectes, Prix Pritzker 2021

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« Donner un coup d’accélérateur aux rénovations globales »


Il faut massifier les rénovations globales, en visant le million d’opérations chaque année, afin de réduire drastiquement la précarité énergétique et les émissions de carbone et être en ligne avec la trajectoire 2050. La réglementation doit venir en appui de cet objectif, et les aides publiques être réorientées en ce sens. Même si je me réjouis du budget de l’Agence nationale de l’habitat (2 Mds €), ce n’est qu’un début et ça ne suffira pas. Car une rénovation globale coûte entre 60 000 et 100 000 € par logement, et jusqu’à 200 000 € pour les maisons en bande si typiques des Hauts-de-France. Pour alléger la facture dans le collectif, les organismes de foncier solidaire, actuellement employés à la dissociation du foncier et du bâti dans le logement, pourraient aussi prendre en charge les parties communes (façades, toitures, chaudières…).

En ayant recours à des financements de très long terme (quatre-vingts ans), ils supporteraient intégralement le coût de leur rénovation afin d’alléger la facture pour les particuliers. Enfin, un plan massif de formation doit être lancé pour créer 110 000 ETP supplémentaires afin d’atteindre au total 570 000 ETP dans l’ensemble des activités d’entretien et de rénovation, selon les données de The Shift Project.

Audrey Linkenheld, première adjointe de la maire de Lille, en charge de la transition écologique et du développement soutenable

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Massifier la rénovation énergétique des logements – Moniteur
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